À écouter : 1h de mix entre latin bass, reggaeton et percussive avec Rebequita

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Entre la France, l’Amérique centrale et l’Asie, Rebequita a passé deux ans à explorer la Latin bass, le reggaeton et les musiques percussives, set après set. De ces voyages sont nées son identité de DJ et sa casquette de curatrice.

Résidente sur Rinse, elle s’est vite fait un nom à Paris avec sa série de soirées ULTRA SUAVE qui met les musiques électroniques latino-américaines et les cultures club à l’honneur. Son motto : réinventer le club pour le rendre plus inclusif, plus safe et plus bienveillant.

Comment abordes-tu tes podcasts ? Que représentent-ils pour toi ?

C’est un moment d’expérimentation et de liberté qui compte beaucoup pour moi. Je me permets de varier davantage les styles, de casser les rythmes, de prendre des risques… C’est le meilleur moyen d’emmener quelqu’un dans son univers à 100 %.

Pour un·e artiste émergent·e, je trouve que les podcasts sont une véritable carte de visite, même si ça reste un exercice qui me stresse encore aujourd’hui, car j’ai l’impression qu’on me décortique haha.

‍Selon toi, quel est le meilleur moment pour écouter ton set ? Lorsque tu mixes, as-tu un créneau préféré ?

Le meilleur moment pour écouter, ce serait au tout début d’une séance de sport (même si je ne suis sportive que sur un dancefloor), ou quand on est plongé dans ses pensées. Je pense que, malgré le côté très énergique de ce que je joue, il y a une grande mélancolie dans mes mix, parce que j’ai vraiment un crush sur les morceaux mélodiques.

J’adore jouer juste avant le peak time. Ou sur le dernier slot car il y a souvent quelque chose qui se passe à ce moment-là, une sorte de connexion un peu différente qui se crée entre le public et l’artiste.

Quels artistes et influences t’ont le plus marqués durant tes processus créatifs ? 

Des femmes qui cassent tout : Jyoty, Crystallmess, Miley Serious, Manuka Honey… Ce sont des artistes engagées, qui représentent des scènes alternatives et qui me boostent au quotidien.

Je ne peux pas ne pas citer Verraco et son label TraTraTrax, qui ont aidé à faire découvrir les producteurices latinxs en Europe, moi y compris.

Y a-t-il un club ou une scène qui a façonné ton style musical ?

Mon style n’est vraiment pas figé. Je ne connaissais pas grand-chose à la musique électronique avant de commencer à mixer, et je découvre encore tellement qu’il continue d’évoluer avec le temps. Mais je pense que je me suis toujours énormément nourrie des scènes underground d’Amérique Latine et Centrale. Au Mexique, que ce soit avec des labels comme N.A.A.F.I ou avec le reggaeton mexa, en Colombie avec Paria Records fondé par Bclip, Cimarrón en Argentine, Adame DJ au Brésil… pour ne citer que quelques exemples. C’est ce que j’écoute et ce qui m’intéresse le plus au quotidien. Sinon, l’un des tout premiers labels que j’ai diggés, c’était le label portugais XXIII, fondé par Torres et NOIA.

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Y a-t-il un engagement personnel/valeurs qui influence ton travail d'artiste ?

Mettre en avant les artistes femmes ou de minorités de genre, ainsi que les producteurices non européen·nes, souvent laissé·es dans l’ombre ici. L’art est politique, le dancefloor l’a toujours été. J’espère qu’un jour, ce ne sera plus perçu comme un engagement ou comme quelque chose de particulier à revendiquer, mais simplement comme une évidence pour tout le monde. 

On a la chance d’être au cœur d’un marché qui a beaucoup de visibilité à l’échelle internationale. C’est important pour moi de profiter de mes curations avec ULTRA SUAVE pour faire circuler les musiques et les artistes qui m’inspirent, notamment celles et ceux qui viennent jouer en Europe. C’est aussi pour ça que j’ai envie de leur faire une place dans mes programmations : c’est clairement grâce à elleux que je me défonce sur la piste 80 % du temps.

Et pour terminer quel est ton label ? 

En donner un seul, c’est trop dur… alors je vous donne celui que j’ai découvert récemment et que j’adore : le label argentin Fractura. 

Et comme plat préféré : le kimchi jjigae, aka ragoût de kimchi, pour rester en bonne santé malgré les courtes nuits.