À écouter : 1h de progressive et trance avec Vanroose

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DJ française en pleine ascension, Vanroose explore les frontières entre progressive, trance et psytrance à travers des sets immersifs et cinématographiques.

Dans ce mix, Vanroose s'éloigne du dancefloor pour aller chercher quelque chose de plus profond - une musique qui accompagne, qui traverse, qui répare. L’espace dans lequel “elle s’exprime le plus librement”. 

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m'appelle Charlotte. Je suis née en Normandie, j'ai grandi au Sénégal avant de m'installer à Paris, puis plus récemment à Marseille.

La musique a toujours fait partie de ma vie. J'ai grandi dans une maison où elle résonnait du matin au soir. J'ai commencé par le piano, puis j'ai consacré treize années à la flûte traversière. Bien avant de mixer, j'organisais déjà des soirées, avec cette envie instinctive de rassembler les gens autour d'une émotion commune.

Si la musique occupe une place si profonde dans ma vie, c'est aussi parce qu'elle a longtemps été le seul langage qui ne nous quittait jamais. Mon père était atteint d'alcoolisme. Avec le temps, la maladie lui a pris beaucoup de choses, jusqu'à lui voler les mots. Là où les conversations devenaient impossibles, la musique continuait d'exister. C'est par elle que nous nous retrouvions. Sans rien dire, elle disait tout.

Depuis, elle est devenue mon refuge, mon équilibre, ma façon d'exister. Elle traverse toutes mes émotions, les plus lumineuses comme les plus douloureuses. Elle m'a aidée à tenir debout, à me reconstruire, à transformer des blessures en quelque chose de vivant.

Quand je suis derrière les platines, je ne cherche pas seulement à faire danser. J'essaie de faire ressentir. Chaque morceau que je choisis raconte un fragment de ce que je suis, de ce que j'ai traversé, de ce que je n'arrive parfois pas à dire autrement. Je joue avec le cœur, parce que la musique m'a appris que les plus belles connexions naissent souvent là où les mots s'arrêtent.

Comment abordes-tu tes podcasts ? Que représentent-ils pour toi ?

Mes podcasts sont sans doute l'espace où je m'exprime le plus librement. En club, il y a cette responsabilité de faire danser, de lire une piste, de partager une énergie collective. Dans un podcast, je me sens plus intime, plus vulnérable. Je peux raconter une histoire sans me soucier des codes du dancefloor, prendre le temps de faire respirer les morceaux et d'aller chercher des émotions plus profondes.

Le dernier est né juste après une rupture amoureuse, alors il est forcément très marqué par ce que je traversais à ce moment-là. Il est parfois sombre, introspectif, presque brut. C'est un podcast qui demande peut-être un peu d'abandon, qui emmène dans des endroits où l'on ne va pas toujours spontanément.

Mais je ne le vois pas comme quelque chose de triste. Au contraire. J'y entends beaucoup d'espoir. J'ai toujours pensé que la musique avait cette capacité incroyable à nous accompagner dans les périodes les plus difficiles, à nous aider à traverser ce qui nous dépasse et à retrouver, quelque part en nous, la force d'avancer. C'est exactement ce que ce podcast représente pour moi.

Selon toi, quel est le meilleur moment pour écouter ton set ? Lorsque tu mixes, as-tu un créneau préféré ?

Je dirais plutôt la nuit. Mon univers est assez sombre et introspectif, mais il est traversé par une énergie portée par les percussions. C'est le genre de set qui me donne envie de danser les yeux fermés, de me laisser complètement emporter. Il ne cherche pas forcément l'explosion immédiate, il s'installe progressivement. Je crois qu'il résonne davantage quand tout ralentit autour de nous et qu'on accepte de lâcher prise.

En club, j'aime particulièrement les créneaux de peak time, justement parce que les gens sont plus disponibles pour ce type de voyage. La nuit crée un espace où l'on peut s'abandonner plus facilement à la musique, sans trop réfléchir.

En dehors des platines, j'écoute finalement assez peu de musique électronique. Mes playlists passent du rap aux classiques des années 80, en passant par des artistes plus alternatifs. J'aime garder mes oreilles ouvertes et ne pas m'enfermer dans un seul univers.

Et quels artistes apprécies-tu particulièrement en ce moment ?

En ce moment, un set qui m'a particulièrement marquée est celui d'Ekkel au Bassiani. Il est sorti il y a quelque temps déjà, mais je le trouve toujours aussi fort. Je trouve ça assez courageux, dans un contexte club, d'être resté fidèle à quelque chose de très pur, très immersif, sans chercher à tout prix à multiplier les moments "dancefloor". C'est une approche qui me parle beaucoup.

Peux-tu nous parler de tes projets actuels et conclure avec une dédicace ?

Je travaille sur plusieurs prod qui verront le jour dans les prochains mois, et j'ai hâte de pouvoir enfin les partager.

Il y a aussi un projet qui me tient particulièrement à cœur, un remix de A Forest de The Cure, le morceau préféré de mon père. Je l'ai sorti le 14 juillet, un an jour pour jour après son décès. C'était une manière de lui rendre hommage, avec le seul langage que nous avons toujours partagé : la musique.

Alors ma dédicace lui est naturellement destinée. Et si ce remix ou mes sets permettent à d'autres de ressentir, de se souvenir ou simplement de trouver un peu de lumière dans un moment plus sombre, alors ils auront pleinement trouvé leur place.

TRACKLIST

Stevie Be Zet - Maya & Aliens 

Katai - Turn of Time 

Satoshi Tomiie - Autorock

Phasebase - That house track 

Mooncat - Exploration 

Solid Sessions - Janeiro 

Quivver - Space Manoeuveres 

Chonga - The Quantum Gospel 

Weekend World - The word 

Solace - Hold Me Now