À écouter : 1h de sélection aux influences downtempo dub et techno avec Julianna

Lire

Originaire de Medellín et active sur la scène électronique colombienne depuis plus de quinze ans, Julianna s’investit dans de nombreux projets, à la croisée de l’activisme et de la programmation de soirées. Elle mêle percussions et mélodies, entre influences old school et sonorités techno, breaks, trip-funk et house. Familère du Berghain, Tresor ou encore le Robert Johnson, elle tourne à travers l’Europe et l’ensemble du continent américain. Aujourd’hui, elle développe son collectif Bamba, pensé pour transmettre et explorer le son sur la piste de danse, en lien avec les communautés. Elle signe notre 294ème mix !

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Salut ! Je suis Julianna, une femme curieuse et artiste pluridisciplinaire originaire de Medellín, en Colombie. Je fais partie activement de la scène électronique de mon pays depuis 18 ans, en travaillant comme DJ, promotrice et productrice et en menant des initiatives allant de l’activisme aux disquaires, collectifs, soirées et bien plus encore.

Comment abordes-tu tes mixes de podcast ? Que représentent-ils pour toi ?

Cela dépend beaucoup de mon humeur, mais dernièrement, j’essaie de montrer ma polyvalence sur le dancefloor, ma capacité à accompagner une soirée depuis son début jusqu’au peak time. J’aime la musique en général et, pendant longtemps, mes mixes étaient très thématiques. Aujourd’hui, j’essaie simplement d’être moi-même dans ce format d’une heure. Pour être honnête, je n’adore pas enregistrer des podcasts, mais j’ai trouvé une manière de le faire en imaginant un espace de club liminal et imaginaire. Cette approche m’aide à m’exprimer de façon plus authentique et évite que cela devienne ennuyeux.

Selon toi, quel est le meilleur moment pour écouter ton set ?

Je dirais que c’est parfait pour un vendredi matin. Tu sais, ce moment où le dernier jour de travail de la semaine arrive, où tu dois encore être productive tout en sachant que le week-end est tout proche ? Le set commence en douceur et monte progressivement, juste assez pour te faire dire : Uff bebé ! quelle joie, ce petit vendredi :)

Quels artistes et labels as-tu sélectionnés et pourquoi ?

Il y a un peu de tout. J’ai principalement séléctionné des musiques avec lesquelles j’ai toujours eu une connexion, surtout de la techno et de la dub. Je me surprends à revenir aux sons sur lesquels j’aimais danser quand j’ai commencé - il y a 20 ans, à l’époque où j’étais simplement raveuse. J’ai l’impression que cette vibe spécifique manque aujourd’hui dans les clubs, du moins dans ma ville. Il y a aussi quelques pépites de mon dernier voyage au Mexique, notamment de très beaux disques de dub, ainsi que certains de mes indispensables actuels pour le dancefloor. Je sentais que c’était le bon moment de leur offrir une “fin digne” en les enregistrant (pour enfin arrêter de les jouer pendant un moment ! Haha).

Quand tu mixes, as-tu un créneau horaire préféré ? Et quels artistes écoutes-tu en ce moment ?

Je n’ai pas de créneau préféré en particulier, mais honnêtement, j’adore ouvrir la soirée. Le warm-up a été mon école : jouer pour presque personne et voir la piste se remplir peu à peu. Ce processus est magnifique, c’est une grande leçon d’humilité et d’amour pour le métier. C’est pour ça que je me sens à l’aise même s’il n’y a que deux ou trois personnes qui écoutent — il y a là un vrai pouvoir de sorcellerie. La clôture est aussi très belle, mais elle demande beaucoup plus d’énergie. Je l’ai, cette énergie, mais cela me demande un peu plus d’effort, surtout aujourd’hui.

Peux-tu nous parler de tes projets actuels et conclure par un message ?

Je travaille actuellement sur de très beaux projets à Medellín. L’un des moments forts de l’année dernière a été de rejoindre l’équipe du Club 50|50. J’y travaille avec les meilleurs amis que la musique m’ait offerts au fil des années, en essayant de reconstruire la scène alternative de la ville. Elle était très forte avant la pandémie, mais la relancer a été un vrai défi. Le monde a changé, tout comme la manière dont les gens consomment la musique et vivent la nuit. Malgré tout, je pense que l’essence de Medellín restera toujours underground et rebelle.

Côté production, je termine actuellement des morceaux qui sortiront cette année. J’ai aussi récemment commencé une résidence au Video Club à Bogotá. Entre cela et Bamba (mon collectif ici), je crée davantage d’espaces de collaboration et d’apprentissage mutuel. Comme beaucoup de gens, je suis fatiguée du monde virtuel, et j’ai envie de créer des ponts entre notre pratique artistique et nos environnements quotidiens, pour mieux nous comprendre en tant qu’êtres humains.

Une grande dédicace à mes ami·e·s en Colombie et en Amérique latine, ainsi qu’à toutes celles et ceux, partout dans le monde, qui croient encore à la magie d’une salle sombre et d’un bon système son. Merci à celles et ceux qui me rejoignent sur le dancefloor et qui travaillent dur pour maintenir vivant l’esprit underground de notre musique.

Suivez Julianna sur Soundcloud et Instagram.

TRACKLIST :

Tornado Wallace - Lonely Planet

Zion Train - Roussillon

Maara - Floating in the swamp

Farron - It’s only 4 life (Realitycheck Remix)

Quiddam - Haben ist besser als brauchen

Phran - Unreleased

Kyntral - Yuco

V Phorms - Illusions

Hidolas - Ignis

Fred Brown - House Whop

El mal - Coburn

Pillow Queen - Resurrection

Samwho - St. Elmo’s fire

Voiski - Away Falling forever

Polygonia - Medusa Euphorbia

Cash from Hash - Intemperate

Dj Znobia - Beat Cursor

Grupo Pilon - Rabes