En Turquie, plusieurs lieux festifs LGBTQ+ visés par une importante vague d'arrestations homophobes

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Dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 septembre, une vaste opération a été menée conjointement dans 15 provinces de Turquie, dont Istanbul et Ankara, à l’encontre de plusieurs lieux queer : bars gays, hammam, boîte de nuit… Les domiciles de nombreux militants LGBTQ+ ont également été pris pour cible. Au total, ce sont plus de 160 personnes qui ont fait l’objet de poursuites judiciaires.

L’objectif de cette opération, baptisée “Ma famille est en sécurité” par le président Recep Tayyip Erdogan ? "Protéger nos enfants, l'institution familiale et l'ordre social", contre une communauté LBGTQ+ souvent qualifiée de “perverse” et accusée d’être à l’origine de la baisse de natalité dans le pays. Le président islamo-conservateur souhaite en effet passer à l’offensive, dans le cadre de la “Décennie de la famille” proclamée cette année.

Bien qu’elle soit largement réprouvée par la population et le gouvernement, l’homosexualité n’est toutefois pas illégale en Turquie. Des motifs de façade ont donc été retenus pour justifier ce coup de filet d’ampleur : “obscénité”, “aide à la prostitution” ou “liens financiers avec l’étranger”.

Amnesty International a déploré cette situation dans un communiqué : “cette répression généralisée (…) n’a absolument rien à voir avec la protection des familles et vise uniquement à porter davantage atteinte à une communauté déjà durement éprouvée par des décennies de discrimination et d’intimidation”

Alors qu’une manifestation avait lieu ce mardi 15 septembre devant le palais de justice de Caglayan, sur la rive européenne d’Istanbul, 92 personnes ont à nouveau été arrêtées. La répression à l’encontre de la communauté LGBTQ+ n’est donc pas prête de s’arrêter, au grand dam de ses lieux de fête.