DJ et producteur depuis plus de dix ans, le son de Florian Picasso navigue entre techno, hip hop et sons rétros avec une patte à la fois groovy et percutante et à l’univers à la croisée de la musique, de l’art et de la mode.
Rencontre à l'occasion de sa venue à Rokin75 dans le cadre d’Amsterdam Dance Event, aux côtés de Bambounou, Teki Latex ou encore Two Dots.
Tu parles de la musique comme d’un espace où l’identité est « gagnée plutôt qu’héritée ». Qu’est-ce que ça veut dire concrètement pour toi ?
Mon nom fait partie de mon histoire, mais il ne compose pas les morceaux à ma place. Ce serait pratique. Ma place dans la musique, je la construis en travaillant et en créant une vraie connexion avec le public. J’ai envie qu’on retienne mon son, mon énergie et ce que je fais ressentir.
Après plus de 10 ans de carrière, tu parles d’une « nouvelle ère ». Qu’est-ce qui a déclenché ce virage ?
J’avais besoin de lâcher les attentes des autres et de faire la musique dont j’avais vraiment envie. Bon, je ne vais pas prétendre que le regard des autres ne me touche plus : j’y travaille encore. J’ai aimé les étapes précédentes, mais j’ai évolué, mes envies aussi. Aujourd’hui, je m’autorise plus de choses et je me sens plus libre.
Techno, hip hop ou grooves rétro : comment ces influences cohabitent-elles dans tes sets ?
Pour moi, tout se rejoint dans l’énergie et le groove. J’aime la tension de la techno, l’attitude du hip hop et le côté euphorique de certains sons rétro. Je joue avec tout ça pour faire voyager les gens, leur donner des repères puis les emmener là où ils ne s’y attendaient pas. Tant que la connexion est là, je ne me prends pas trop la tête avec les étiquettes.
When I Saw U, Booty EP sur Diynamic, Sugar Daddy, Space Ride, Pretty Boy : tu as une discographie déjà bien remplie, quel est ton processus de création et comment as-tu fait évoluer ta signature musicale ?
En studio, je cherche ce moment où les idées s’enchaînent et où j’arrête enfin de trop réfléchir. Évidemment, ça n’arrive pas à chaque session, ce serait trop simple. J’ai gardé mon goût pour les mélodies, les voix et les vrais refrains, avec un son devenu plus brut, plus club. Le fil rouge reste le groove, l’émotion et ce petit truc qu’on n’avait pas vu venir.
Tu es très présent dans la mode : fashion weeks, défilés, collaborations. Est-ce que c’est une extension de la musique ou un langage à part ? Quelles sont celles qui t’ont marqué ?
Pour moi, les deux sont très proches. En mode, tu joues avec des matières, des coupes et des superpositions ; en musique, tu fais pareil avec les sons et les textures. Dans les deux cas, tu exprimes quelque chose de toi. KOLOR, la marque japonaise, est un bon exemple : je portais déjà leurs pièces avant de me rapprocher de la maison, donc le lien s’est fait naturellement.






