
Le principe est simple : plusieurs équipes s’affrontent au centre d’un ring pour obtenir le plus d’applaudissements possibles du public. Leur seul outil : un iPod, rempli de bangers qu’ils peuvent jouer tour à tour afin d’enflammer la salle. L’équipe qui pousse le plus haut le décibelmètre remporte la manche.
“C’était un peu notre version française et dandy d’un soundclash”, résumait dans une interview en 2015 Teki Latex, co-créateur du concept aux côtés de Romain Rock. Les deux amis lancent leurs soirées en 2006 au ParisParis, l’ancêtre du Social Club puis du Sacré.

À l’origine, l’affrontement opposait deux styles, le rap et le rock, mais très vite, les digues tombent, et les “guilty pleasures” affluent. C’est même tout l’intérêt de l’exercice : surprendre, choquer, pour mieux ambiancer.
On pourra y apercevoir notamment DJ Mehdi, Xavier de Rosnay ou encore SoMe, en représentants du crew Ed Banger. Trash et insouciantes, ces batailles d’iPod résument bien la bloghouse era, période où une nouvelle génération d’artistes a émergé, assumant des DA à l’arrache et spontanées.

Les iPod battles ne tarderont pas à s’exporter. Après les clubs parisiens, le concept gagne peu à peu la métropole : Poitiers, Toulon, Lille… Mais il traverse aussi les frontières, sans doute aidé par le rayonnement de la French Touch qui tourne tous les regards des clubbers vers la scène parisienne. De Tokyo à Montréal, de Londres à Sydney, en passant par Copenhague ou Trévise, ce mini-phénomène fait rapidement le tour du monde.
Et puis, comme toute tendance, les iPods Battles vont faire leur temps. Au moment où l’iPhone devient plus populaire que son grand frère, que les morceaux de karaokés ont remplacé l’électro-clash dans les playlists et que même BFM fait un reportage sur la pratique, c’est qu’il est temps d’arrêter. Contacté, Teki Latex a décliné notre demande d’interview, ajoutant : “je veux effacer ça de ma mémoire”




