
Le 3 octobre, Audrey Danza, fondatrice du label et des évènements Proxima jouera dans une warehouse aux côtés du mythique Franco Falsini, pour une soirée organisée par le collectif Vibrason.L'occasion de revenir avec elle sur son rapport à la scène française, ses influences du moment et lon label Proxima, devenu un véritable laboratoire de création. Elle nous parle aussi de ce qui rend ces lieux bruts et industriels si particuliers à ses yeux.
Quel est ton rapport à la scène électronique française ? Qu'est-ce qui rend le public français particulier selon toi, comparé à d'autres publics que tu as pu côtoyer ?
Le fait d'être francophone crée forcément une proximité avec la scène française. D'ailleurs, beaucoup de gens pensent parfois que je suis française alors que je suis suisse. Mes toutes premières dates hors de Suisse étaient en France, donc le lien s'est fait assez vite, et j'y ai toujours été super bien accueillie.
Je dirais que le public français est assez chaleureux et plus communicatif. À la fin d'un set en France, les gens viennent plus facilement me parler, me dire ce qu'ils ont ressenti. En Suisse, je trouve que les gens sont parfois un peu plus réservés.
Quels artistes et labels t'influencent le plus en ce moment ?
J'ai énormément d'influences, qui sont là depuis longtemps, assez peu passagères je dirais.
Côté labels, Evasione Digitale, cofondé par mon ami Andrea Dama, est une vraie référence pour moi. Il y a aussi Transmigration, le label de mon ami David Fogarty, ainsi que les différents labels regroupés autour de Sound Metaphors. J'aime aussi énormément Animals On Psychedelics, le label de Carl H : j'aime toutes leurs releases, et récemment j'ai beaucoup joué « I Love You » de GNMR. Qilla Records est un label indien que j’'adore également, j'avais eu l'occasion de remixer « Morung » de Midnight Traffic pour eux.
Côté artistes, il y en a vraiment beaucoup, et mes amis sont une vraie source d'inspiration : Andy Martin, Sugar Free, Aurora Halal, Reptant, ou des artistes suisses comme Garçon ou Agonis. Et puis il y a aussi des artistes comme Efdemin ou Donato Dozzy, qui sont de vraies références, des masters dans leur manière de construire leur univers, et qui arrivent toujours à rester extrêmement justes et frais dans ce qu'ils apportent à la scène. Super inspirant!

Le 3 octobre, tu joueras dans une warehouse pour le collectif Vibrason. Ces lieux bruts, souvent chargés de l'histoire de la culture rave, t'inspirent quoi en tant qu'artiste ? Est-ce que le lieu influence ta façon de construire un set ?
C'est toujours particulier de jouer dans des espaces bruts comme ça. J'ai l'impression qu'il y a tout de suite un peu moins de codes, donc aussi plus de liberté. Ça peut vraiment changer ma manière de jouer, me donner envie d'être plus expérimentale, de prendre plus de risques ou simplement de jouer de manière moins conventionnelle.
Je suis aussi complètement fan de l'esthétique des warehouses, de ce côté industriel, brut et presque futuriste. Forcément, ça renvoie à Detroit et à toute une partie de l'histoire de la musique électronique. Et puis j'aime beaucoup le contraste : ce sont souvent des espaces assez froids, très fonctionnels à la base, et pendant quelques heures ils peuvent devenir des lieux extrêmement humains, chaleureux. Toute cette énergie collective apparaît dans un endroit qui n'a pas du tout été conçu pour ça à l'origine.
Peux-tu nous parler des prochains projets sur Proxima ?
Proxima, mon label et la série de soirées du même nom, est vraiment devenu une sorte de laboratoire de création pour moi. Quand on regarde les différentes sorties de Proxima, on peut presque suivre ma propre évolution artistique à travers le label.
Plus j'avance, plus je réalise à quel point c'est précieux d'avoir sa propre plateforme. Je n'ai de comptes à rendre à personne et je peux décider complètement de la direction artistique et du timing de chaque projet. Ça me donne énormément de liberté, que ce soit dans les genres, les formats ou les artistes avec lesquels j'ai envie de travailler. Je n'ai surtout pas envie que Proxima devienne quelque chose de trop défini. Ce qui m'intéresse justement, c'est de pouvoir continuer à expérimenter, changer de direction si j'en ai envie et laisser le projet évoluer naturellement.
Je m'apprête à sortir un nouvel EP solo. Le volume 4 des compilations Proxima devrait aussi sortir d'ici la fin de l'année, et il y a plusieurs collaborations prévues pour l'année prochaine dont je suis très contente.

Tu vas partager l'affiche avec le mythique Franco Falsini. Qu'est-ce que ça représente pour toi de jouer à ses côtés ?
Interactive Test est l'un de mes labels préférés, donc forcément c'est assez spécial pour moi. J'ai rencontré Franco il y a déjà quelques années à Berlin, par l'intermédiaire d'amis en commun, et on a aussi passé plusieurs soirées à faire la fête ensemble. J'aime énormément son univers et tout ce qu'Interactive Test représente. Ce que je trouve beau, c'est que ce n'est pas une musique qui a cherché à rester pertinente en suivant les modes : c'est justement le fait de ne jamais avoir couru après les trends qui lui permet de traverser les générations et de continuer à circuler aujourd'hui, redécouverte par des gens qui n'étaient même pas nés à sa sortie.
Interview menée par Marie Espargiliere



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