
C’est autour d’une joyeuse tablée, dans les loges artistes du Brunch Electronik Festival à Barcelone, que j’ai retrouvé Guido Minisky, Hervé Carvalho et Kenzi Bourras pour échanger quelques mots autour de “Resonance”, dernier album d’Acid Arab paru en juin dernier.
L’occasion pour le trio de revenir sur l’évolution artistique du groupe, de ses racines acid house à des sonorités désormais plus larges, tout en conservant sa volonté de faire dialoguer différentes cultures.
Dix ans après “Musique de France”, Acid Arab poursuit plus que jamais son exploration des musiques électroniques et sera présent le 30 janvier prochain sur la scène du Zénith de Paris.
Vous venez de sortir un nouvel album, “Resonance”, que vous présentez ici, au Brunch Electronik Festival. C’est un environnement qui s’y prête bien ?
Oui, carrément ! On va d’ailleurs présenter un live hybride: un djset de nos morceaux retouchés pour l’occasion, avec Kenzi qui va aussi jouer par-dessus, au clavier. On va jouer énormément de prods du nouvel album. Pas toutes, mais beaucoup.
Ce live hybride, c’est une première ?
Oui, c’est la première fois et ce sera la seule. Après, on va rentrer en résidence pour préparer un vrai live. Le projet tel qu’on aime le faire, tel qu’on l’a en tête, n’est pas encore prêt pour cet été… Mais on a trouvé une bonne alternative à présenter au public de Barcelone!
Et dans ce nouvel album, on retrouve des amis de longue date, comme Sofiane Saïdi, mais aussi de nouveaux artistes. Comment choisissez-vous vos collaborations ?
Il y a beaucoup de personnes que nous avons démarchées après les avoir écoutées, et d’autres issu·es du réseau de Kenzi, grâce à qui on connaît toustes ces chanteurs et chanteuses d’Algérie ou du Maroc. Parfois, c’est tout simplement en écoutant des chansons, on se dit « Putain, cette voix ! ». La personnalité d’un artiste joue aussi. Souvent, c’est ce qui nous donne envie de bosser avec une personne en particulier. On envoie un petit message sur Instagram, et parfois ça marche. C’était le cas avec Rita L’Oujdia, une artiste marocaine, depuis installée à Paris. On n’avait jamais bossé avec elle et on avait adoré l’un de ses morceaux. La collaboration s’est faite par Internet, puis on s’est rencontrés à la release party de l’album.
C’est un album qui arrive dix ans après “Musique de France”. Comment vous vous situez actuellement, dix ans après ? Comment a évolué Acid Arab ?
Il y a quelques différences sur le style des musiques électroniques présentes sur l’album. Mais en même temps, c’est normal : la musique évolue, les genres évoluent. Au final, ça reste indéniablement le même esprit, le même concept, la même volonté de réunir des cultures différentes dans un seul projet. L’autre chose qui a beaucoup évolué aussi, c’est qu’on est vraiment partis loin des terres de l’acid house, qui était un peu le point de départ du projet. À un moment, il fallait se rendre compte que ça ne pouvait pas être que ça.
Vous êtes allés vers des styles bien plus différents?
On va évidemment retrouver de la techno et de la house, mais pas seulement : il y a aussi de la trap et même des trucs un peu pop. On essaye de ne pas s’autocopier, de ne pas s’enfermer, de ne pas se répéter. En termes de musique électronique, on a toujours fait des trucs très différents. Il n’y a jamais deux morceaux qui se ressemblent. Il y a des petites obsessions, mais sinon, c’est assez varié.
On vous a beaucoup vu mixer en club. Est-ce que vous êtes dans le même état d’esprit en festival?
Quand on joue en festival, on a vraiment le sentiment qu’il faut s’adapter un peu plus. C’est peut-être plus difficile d’aller dans des trucs plus perso, plus mentaux. Et puis, quand la foule est aussi grande, il faut trouver les types de sons qui vont la soulever, avec un angle parfois plus grand public. Jouer en festival, c’est ne pas savoir si les gens sont là pour nous. C’est un peu le suspense. Mais on s’en rend compte assez vite.
Vous annoncez un premier Zénith en janvier prochain, à l’occasion de la sortie de l’album. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire de la scénographie ?
C’est notre tout premier Zénith, même si on y avait déjà joué, en première partie de Vitalic. Pour la scénographie, on va travailler avec les mêmes designers que la dernière tournée. On ne veut pas tout transformer, mais plutôt faire évoluer ce qu’on avait déjà, notamment ce qu’on avait fait à l’Olympia. On est en plein dedans, mais avec les festivals et les tournées de l’été, tout le monde est très pris. Le vrai travail va commencer à la rentrée.

Toutes les informations et la billetterie du concert d'Acid Arab au Zénith sont à retrouver ici.
Propos recueillis par Adèle Chaumette à Barcelone






