"La fête est un espace de résistance, d’unité et d’émancipation" : rencontre avec le DJ Toscan Haas

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Spectrum Waves va bientôt fêter ses 10 ans. Quel bilan fais-tu aujourd’hui de ces soirées et comment ont-elles évolué au fil du temps ?

Comment ne pas être fier de tout ce qui a été accompli en bientôt dix ans avec Spectrum Waves… Le travail orchestré par Léa et David est aussi humain que précieux. Depuis le début, l’amour est au centre du projet : un amour libre, collectif et profondément engagé, qui célèbre les identités LGBTQIA+, crée du lien et rappelle que la fête peut aussi être un espace de résistance, d’unité et d’émancipation. Au-delà des soirées, Spectrum Waves a construit une véritable communauté, fidèle à ses valeurs de diversité, de solidarité et d’inclusion. L’engagement caritatif qui accompagne chaque événement donne encore davantage de sens au projet et inscrit cette célébration dans des causes concrètes. Spectrum Waves, c’est aussi un crew soudé depuis près de dix ans : des amis aux qualités humaines rares, unies par la même vision. C’est cette fidélité à leurs valeurs, cette sincérité, qui permet au projet de continuer à rayonner.

Spectrum Waves à La Station Gare des Mines

Pourquoi des soirées comme Spectrum, qui défendent des valeurs d’inclusivité, de liberté et de respect de l’autre, sont-elles plus que jamais nécessaires aujourd’hui ?

Au lendemain de l’attaque meurtrière qui a visé la Pride de Berlin, faisant une victime et plusieurs blessés, nous sommes brutalement rappelés à une réalité : aucun droit, aucun espace de liberté et aucun combat ne sont jamais définitivement acquis.Des soirées comme Spectrum sont des lieux de célébration sécurisés. Ce sont des espaces de visibilité, de liberté et de résistance, où chacun peut aimer, s’aimer, danser et exister pleinement. Spectrum Waves fait face à la haine et prône l’amour - non pas comme une idée naïve - mais comme une force profondément politique, collective et engagée. L’inclusivité, la liberté et le respect de l’autre ne sont pas de simples valeurs : ils dessinent inéluctablement le monde de demain.

Ta formation de batteur a influencé ton approche de la techno, notamment dans le travail des rythmes et des textures. Qu’est-ce que la pratique instrumentale t’a appris que tu appliques encore aujourd’hui derrière les platines ?

Avoir la chance de pratiquer un instrument dès son plus jeune âge, c’est se construire un socle à partir duquel la musique peut devenir, chaque jour, un nouveau territoire à explorer. Pour moi, ce socle a été celui des percussions : l’élément qui se trouve au cœur de la danse. Au-delà des compétences techniques, cette pratique m’a donné une certaine patte, un goût, une manière d’écouter et de comprendre un morceau - distinguer ce qui est singulier de ce qui est commun - une sensibilité que j’essaie encore aujourd’hui de traduire derrière les platines.

On te retrouvera à Virage samedi 1er août aux côtés de Polygonia, ABS8LUTE et DJ Maria. Quel lien entretiens-tu avec ce lieu de fête inclusif, pensé comme un espace hybride entre l’open air et le club ?

Virage est un lieu singulier dans la nuit parisienne, qui place la bienveillance, l’inclusivité et la diversité au cœur de son identité et de sa programmation. À Paris, les espaces de cette ampleur qui portent aussi clairement ces valeurs restent rares.Ces deux dernières années, j’ai eu la chance d’y jouer en closing pour Dure Vie, que je remercie au passage. Accompagner le lever du soleil dans le club avec des morceaux qui s’ouvrent peu à peu et donnent le sentiment d’être pleinement vivant restera toujours l’un des plus beaux moments de mes nuits parisiennes.

Toutes les infos sur l'évènement et la billetterie sont à retrouver sur Shotgun.