
Né à Istanbul, Onur Özer y fait ses débuts de DJ dès la fin des années 90, à une époque où la ville est traversée par la vague minimale portée par des artistes comme Ricardo Villalobos ou Zip. Il gravite d’abord dans les clubs locaux, Filter et Godet. Ces deux adresses, désormais fermées, constituaient alors le cœur du clubbing stambouliote. Il participe par la suite à la programmation du club Indigo, après la fermeture de Godet en 2005. C’est là qu’il tisse les liens qui lui ouvriront les portes de la scène européenne : sorties sur le label berlinois Vakant, dates au Watergate à Berlin, à l’Amnesia à Ibiza, ou encore b2b avec Ricardo Villalobos et Raresh.
Au milieu des années 2010, il prend un virage musical marqué. Il se rapproche d’une scène berlinoise minimale qui se réapproprie un son plus industriel et plus sombre. Mouvement underground porté par des DJs comme Nicolas Lutz ou Binh ; c’est avec ce dernier que la relation se transforme en duo : Treatment. Les deux incorporent une esthétique électro et IDM si forte dans leur musique qu’on la retrouve aujourd’hui au cœur de leurs sets respectifs.

Derrière les platines, Onur Özer joue une sélection unique, aussi sombre que euphorique. Digger hors pair de morceaux influencés par les années 80, il oscille également entre ses propres unreleased et des édits de raretés inclassables. Retrouver les IDs de ses morceaux relève du défi ; peu parviennent à le relever.
En plus de son univers musical, sa discrétion a aussi construit son mythe. Dans un milieu saturé d’images et de storytelling personnel, Onur Özer choisit de disparaître derrière la musique, refusant le jeu de la promotion individuelle. On ne sait presque rien de lui ; il accepte peu de dates. C’est cette rareté qui nourrit son statut aussi iconoclaste. Malgré son passé plus exposé, il semble avoir pleinement rejoint cette logique : moins on en montre, plus la musique parle ; plus elle devient le seul terrain de reconnaissance qui compte.
C’est dans cette continuité qu’Onur Özer sera au Rex Club, le 3 juillet, aux côtés de Parea et Martin, pour une soirée portée par le collectif Beyond. La billeterie est à retrouver sur la page Shotgun du Rex Club.

Article rédigé par Marie Espargiliere.






